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L’affaire de la rue Lourcine, à la MCA :
Vendredi 26 Janvier, le grand théâtre est rempli de nombreux collégiens qui se mélangent au public traditionnel de la MCA. Ma voisine avec un beau tailleur regarde inquiète ses rangés remplies de scolaires !
Tout commence par un lever de rideau qui nous donne à voir Vingt six, une courte pièce de Courteline où deux clochards essaient de se souvenir d’une adresse à Paris. Cette saynète nous donne le ton de la soirée. On pense alors à Becket car l’absurde et le clownesque se côtoient !
Après cette mise en bouche, le rideau s’ouvre pour L’affaire de la rue Lourcine de Labiche et c’est un beau décor de vaudeville kitch à souhait qui apparaît !
Dans l’appartement second empire des Lenglumé, deux hommes en habit émergent du lit conjugal. La veille, ils ont copieusement arrosé leurs retrouvailles à la fête du lycée. Monsieur Lenglumé a caché sa sortie à sa femme et il découvre dans le journal qu’une femme vient d’être trouvée morte rue de Lourcine. On recherche les assassins. Dans le trouble des vapeurs d’alcool, le doute s’empare des deux hommes : « et si c’était nous ? »
C’est sûr, on est bien dans l’univers de Jérôme Deschamps et de Mâcha Makeieff. Après avoir, pendant des années, donné un corps, une voix et une langue aux « petites gens », ce sont des lointains ancêtres des Deschiens, des petits bourgeois du XIXème qui sont sur scène : papier peint à fleurs, cageots, bruits de bouteilles, d’accordéon, jeux sur les gestes, portes battantes, coucou qui bat la mesure, chat qui miaule sous le canapé et dans un placard, tête de cerf accrochée au mur…
Cela reste du Labiche mais revisité - et c’est là l’intérêt ! - par Jérôme Deschamps qui joue avec les références : celle du vaudeville, de la bande dessinée mais aussi de son propre théâtre. Le texte est sans doute un frein à des jeux scéniques pleins de trouvailles que l’on a pu voir dans d’autres pièces du couple Deschamps-Makeieff, mais la rencontre de ces deux univers est une réussite !
Le public est ravi, ma voisine et les collégiens aussi. Si c’était ça le vrai théâtre populaire ?
Contribution de M.M. du 29/01/2007 (merci pour cette contribution).
N’attendez rien de commun avec le Fantômas, version « James Bond » de Jean Marais et Louis de Funès. Jean Pradinas (un ancien picard) a opté pour une version théâtre-musical déjanté. Dans cette pièce, il y a du Jacques Tati (Playtime), Jean Yanne (Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil), Jacques Martin (dans ses différentes émissions), du Jérôme Savary (pour les petites femmes sexy), du Grand Guignol (pour le sanguinolent). Un peu de Jean-Michel Ribes (Palace) aurait été un plus. Fantômas veut détruire le monde et le repeupler de clones. En fait qu’importe l’histoire – des chansons, de la vidéo, des lumières violentes, des acteurs qui bougent bien – Bonne soirée – sans prétention mais bien agréable. Billet d'humeur de JPG du 05/12/2006 La Marquise d’O, d’après Heinrich Von Kleist, adaptation et mise en scène Lukas Hemleb – MCA - mercredi 08 novembre 2006 : Le texte : d’après une nouvelle voire un conte d’Heinrich Von Kleist. Eric Rohmer en avait fait un film sorti en 1976 et qui avait obtenu le Prix Spécial du Jury à Cannes la même année. Le synopsis : en 1799, en Italie, la marquise d’O, fille d’un commandant, jeune veuve éplorée est sauvée de la barbarie des troupes russes par un lieutenant-colonel, le comte F. qui, en fait, la viole, alors qu’elle est inconsciente. Elle voue une profonde reconnaissance à cet homme. Elle ressent des malaises de femme enceinte, elle est enceinte… Voilà ce que nous raconte cette pièce : la honte d’une fille enceinte sans père pour son enfant, de son obstination à refuser d’admettre qu’elle a eu des relations sexuelles, son admiration pour son sauveur-violeur… La qualité du texte de l’adaptation est de très haut niveau mais avant d’entrer au cœur de cette intrigue, il faut un peu de temps au spectateur. « Un texte de théâtre est à voir. Un texte de théâtre est à écouter. Est-ce qu’un texte de théâtre est à lire ? » disait Francis Huster (ne soyez pas impatient, cette citation n’est pas anodine !!). Il a grandement raison, en général, mais en l’espèce, il aurait peut-être tort. Il serait bon de lire le texte et surtout de savoir qui est Heinrich Von Kleist : un romantique allemand de la fin du XVIII° siècle, qui a écrit Le Prince de Hambourg, pièce fétiche du beau Gérard Philippe au festival d’Avignon en 1951, dirigé par Jean Vilar (quand je vous disais que la citation de Francis Huster était intéressante !! Francis Huster le clone de Gérard Philippe… à discuter un autre jour). Il est intéressant aussi de savoir qu’Heinrich Von Kleist, issu d’une famille de militaires a quitté l’armée en 1799 (date où se passe l’action décrite dans la pièce) et que le 21 novembre 1811, il tua sa compagne atteinte d’un cancer, puis retourna l’arme contre lui. Jürgen Grimm (université de Münster) disait de cet auteur « il est bien plus grand et plus parfait que [Schiller]. On ne peut le ranger qu’à côté de Goethe, qui a peut-être pu l’inspirer, mais auquel il n’est jamais subordonné. Seul Shakespeare l’a enfanté ». Kleist est qualifié de « vrai poète tragique de l’Allemagne ». Lukas Hemleb, qui a fait la mise en scène et la lumière, rappelle que dans la Marquise d’O, les grandes questions du bonheur, de la mort etc. sont traitées avec « une espièglerie qui ne manque pas d’humour ». C’est peut-être ce qui déconcerte le spectateur. Des situations dramatiques : la guerre, les exactions de la guerre, l’amour, l’admiration, les lourdeurs de la société, de la famille et puis des situations ou des répliques qui ne feraient pas désordre dans une pièce d’Eugène Ionesco. Ne disait-il pas (beaucoup de citations aujourd’hui !!) « Je n’ai jamais compris, pour ma part, la différence que l’on fait entre comique et tragique. Le comique étant l’intuition de l’absurde, il me semble plus désespérant que le tragique. Le comique n’offre pas d’issue ». Kleist, Rohmer, Hemleb, Huster, Ionesco, Shakespeare, Goethe, Grimm –stop! Plus simplement: cinq acteurs nous content leurs propres personnages, au milieu d’un décor astucieux (boîte à malice, écran de cinéma), sous une lumière qui ponctue bien l’ambiance de l’œuvre. Qu’apporte la musique ? Parfois couvrir la voix des acteurs, parfois souligner un passage dramatique ; malgré l’immense talent de Stephanos Thomopoulos, était-il nécessaire de jouer du Beethoven ? et si le metteur en scène avait pris le parti de faire jouer une musique un peu plus « décalée » !! Bon spectacle mais n’oubliez pas votre fiche pédagogique avant d’y aller. Billet d’humeur de JPG du 09/11/2006. **************************************************************************************
On s’y croyait : le public « mamie plamplan », le texte avec quelques bons mots mais sans intérêt, jonché de blagues lourdes et de quelques effets de comique de répétition, bref il ne manquait que Donald Cardwell et Roger Hart… On remercie Daniel Pennac pour sa prestation d’acteur mais pas pour son texte. On est déçu de ne pas avoir croisé M. Mallausène ! Billet d'humeur de FG du 02 novembre 2006,
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elle fut l’image de l’Amérique démocrate – cette femme admirée du monde entier, séduisant les peuples et leurs dirigeants. Certainement cette allure altière acquise par sa maitrise de l’équitation, son goût pour la mode, la « première dame des Etats-Unis », peut-être la seule pour nous français. Il y a presque 50 ans, Jackie avec son mari, donnaient l’image du couple idéal, moderne – oui il y avait Maryline etc. mais pour nous français, un chef d’état qui a une maitresse actrice est-ce un scandale ? et Maryline nous la connaissions, notre acteur franco-italien MONTAND n’avait-il pas été son amant sous l’œil bienveillant de la Simone !! Il y avait aussi le Vietnam qui nous contrariait mais nous étions mal placés pour en parler ! Jackie c’est aussi cette femme qui a été le témoin direct de l’assassinat de son mari Jack le 22 novembre 1963 à Dallas. Cette femme qui tente de protéger son mari et qui est extirpée de la voiture présidentielle par les services de sécurité, lors de l’attentat. Cette femme qui dans une grande dignité conduit les funérailles de son mari. A ces images voire ces icones se substituent celles de la « veuve joyeuse » - celle qui épouse un riche armateur, celle qui fait mourir Maria Callas de chagrin – celle qui fait la une des journaux à scandales. La Jackie d’Elfriede Jelinek : cette autrichienne n’a pas été influencée par les magazines de mode, elle voit à travers Jackie, l’image d’une femme cynique qui a totalement construit son image – celle qui a inventé tous les stratagèmes des « coachs de la communication ». Ses vêtements, son mode de vie, son image, tout est marketing chez sa Jackie. Son approche du sexe, du corps, de son corps meurtri par les fausses couches, la drogue, les MST de son mari sont exposés crument dans ce magnifique texte. Nous sommes loin de l’image lisse, douce, féminine véhiculée par les photos officielles de la Maison Blanche. Sa Jackie a plus un langage de charretier que celui d’une belle cavalière. Elfriede Jelinek nous décrit certainement la vraie Jackie. Celle qui a connu l’assassinat de son mari et qui a vu des bouts de cervelle dégouliner sur la capote d’une voiture, celle qui a eu ses entrailles souillées par des lambeaux de fœtus. Celle qui a du se créer une image, s’imposer, éliminer ses rivales, se surexposer. La Jackie de Marcel Bozonnet : tout sert le texte – ce décor de fleurs qui nous emmène successivement au paradis où Jackie est peut-être aujourd’hui, ou dans ce cimetière où elle cherche ses morts. Ces miroirs qui sont lumineux, éclatants ou ternes – ces jeux de lumières qui jouent avec les multiples facettes de sa personnalité, de sa vie, de sa mort, de son cancer, de sa folie sous-jacente. Ce savant mélange de l’usage du son, de la musique donne une grande force au texte – comme d’habitude chez Marcel Bozonnet du grand talent voire plus simplement du TALENT. La Jackie de Judith HENRY : la tâche est difficile : faire la synthèse d’un texte difficile, d’une mise en scène précise et de lutter contre les images « apportées » par le public sur Jackie. Public limité dans cette salle de spectacle. Il s’agit quasiment d’un tête à tête. Judith HENRY : la Jackie des démons, du maquillage fondu, de l’anti-star ; l’actrice assume, assure et donne à cet exercice difficile un beau relief. Elle réussit une performance non pas d’actrice mais d’interprète et cela devient rare. L’exercice est d’autant plus difficile qu’elle est seule en scène. Bravo. Billet d’humeur de JPG du 24 octobre 2006. |
La Comédie Française, Marcel Bozonnet; la MCA ne prenait pas de risques sur une telle programmation.Sinon celui de nous séduire. Un « esprit de troupe » s’insuffle dans la salle de spectacles, dès l’arrivée du public.Ce rideau gris qui nous masque la scène, nous imaginons les tréteaux des troupes du XVII siècle, un brigadier qui traîne négligemment au côté cour : Molière est là avec ses saltimbanques. N’attendez pas une nostalgie omniprésente qui imprègne notre début de siècle, les bobos ne sont pas là (ils se reposent pour se montrer dans cette soirée, si amiénoise-parisienne, de la Nuit Blanche, du lendemain): des scolaires et des seniors se côtoient et cohabitent en cette grande salle.Marcel Bozonnet a su allier la tradition de cette troupe mythique et la modernité inhérente aux grands textes classiques. Tradition des troupes : Madame Pernelle est interprétée par un homme, à la manière des troupes de théâtre ambulantes dont la capitaine Fracasse était le héros, mais aussi à la manière de Vilar qui faisait jouer des empereurs romains quinquagénaires par de jeunes acteurs de 25 ans, au temps du T.N.P. : toute la troupe doit jouer. C’est tout simplement l’esprit de la Comédie Française, faudrait-il dire c’était l’esprit de la Comédie Française ?Orgon est interprété par un acteur black- Bakary Sangaré- : l’idée est certainement louable mais l’acteur est totalement inaudible, alors comment peut-il y avoir un Tartuffe sans Orgon ? Orgon isolé de sa famille, dépouillé de ses biens, enfermé en sa ferveur chrétienne est indispensable. Pas de bourreau sans victime, pas de gourou sans disciple. Tartuffe irradie cependant : Eric Génovèse à un physique, une voix, une présence qui donnent toute l’étoffe indispensable à celui qui incarne le plus grand Imposteur, le père de tous les gourous modernes qui, sous couvert de science, de génétique, de la maîtrise des médias et de leurs forces à trouver les détresses du moment, sont en mesure de gangrener nos sociétés.La sobriété de son jeu est incontestablement une manière de briller au sein de la troupe, une justesse de ton, une voix qui porte mais en aucun cas, il ne sur joue (finie la génération des Robert Hirch). La mise en scène de Marcel Bozonnet est intéressante car on ne la voit pas, aucun effet pour être ostentatoire – la sobriété des grands - Dorine la raison du peuple: encore la tradition, Véronique Vella a l'impertinence des servantes de Molière – très vite, elle occupe la scène, son énergie, son jeu s'imposent – elle donne le rythme, la cadence, sa présence scénique est remarquable. Elmire la fatale: Clotilde de Bayser nous fait assister à une scène de séduction bien agréable, vêtue de costumes dignes des défilés de haute couture (cette maison de Molière sait tout faire: costumes, décors, lumières sont d'une qualité exceptionnelle), elle illumine la scène, Marcel Bozonnet dans tout cela: un grand chef de troupe même si certains voire certaine pensent le contraire. Il a par son spectacle rappelé aux seniors les grandes heures de la Maison de la Culture et aux lycéens appris que Molière et la langue du XVII pouvaient encore nous émouvoir, nous faire rire, sourire – en un mot le THEATRE vous dis-je!!! |
ARCHIVES ACTUALITES
Les cirques:
Le cirque traditionnel avec le Cirque Arlette Gruss, le cirque moderne avec "les Arts Sauts" ont cohabité à Amiens:
Le cirque Gruss
Les Arts Sauts
Photos du spectacle des "Arts Sauts" (19/11/2006)
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Inspirée directement de Paris, la nuit blanche veut "éclairer" la ville d'Amiens de toutes les cultures. Quelques photos d'ambiance de cette "nuit blanche" 2006:
cliquez sur les photos pour les agrandir.
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