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ARCHIVES THEATRE

J’ai mal à ma culture !

 La rentrée de la Maison de la Culture va commencer, un programme d’exception.

Par contre, j’ai le sentiment que la culture ne provoque pas chez nos nouveaux élus, un émoi particulier et qu’ils ne considèrent pas, comme une priorité de donner aux amiénois des spectacles de grande qualité.

On entend des mots comme « trop élitiste », « culture de bobos » !

Je sais qu’il faut assumer le Zénith, qu’il ne faut pas lâcher les autres structures mais il me semble que la Maison de la Culture devrait faire l’objet de plus d’attention des élus.

  La Nuit Blanche , cette fin de semaine, il se dit que ce serait la dernière édition ?

 Il est certainement  naïf de penser que les politiques de gauche sont plus près de la culture, quoique !

Bonne saison culturelle à vous tous, le site rendra compte autant que faire se peut de cette vie là !

 Billet du 30 septembre 2008.  

 

Le conte d’hiver de W.Shakespeare mise en scène de Jacques Osinski.

 Jacques Osinski présentait à la Maison de la Culture , sa dernière mise en scène : « un conte d’hiver » dans une nouvelle traduction.  

En 2008, on peut se poser la question peut-on, doit-on encore monter des pièces de Shakespeare ?

Il est fait reproche (souvent à juste titre) que les théâtres ne jouent que des auteurs classiques, où sont les nouveaux auteurs ?  

Le « conte d’hiver » a été écrit par Shakespeare à la fin de sa vie et  a été peu monté, c’est une pièce qui a plusieurs lectures.Je l’ai abordé comme un conte – je n’ai pas essayé d’analyser la « langue de Shakespeare » comme une œuvre majeure, de recenser cette langue rare. J’ai vu, écouté, comme un enfant qui écoute un conte.  

Vu : parce que le décor, la lumière, les costumes, les vidéos jaillissent au milieu de la scène. Ecouté : (il est peut-être exact que la traduction ne soit pas la meilleure et que le souhait de « moderniser » ou « adapter » la langue au goût du jour n’apportent pas de manière majeure une force à cette œuvre mineure de Shakespeare) comme on écoute une histoire, sans soucis de rechercher, d’analyser.

Les 3h15 du spectacle ont découragé quelques spectateurs qui sont partis à l’entracte et découragées beaucoup qui n’étaient pas venus.

La mise en scène est parfaitement adaptée à l’adaptation de la pièce.  

Alors pourquoi faudrait-il faire « compliqué » quand on peut faire « simple » ?  

C’est le spectacle type d’une maison de la culture : qualité, accessibilité ! Une langue shakespearienne dans un écrin d’éclats de lumières, de couleurs, de sons.  

Il est dommage que la rencontre avec le public n’ait pas eu lieu. Cette absence de rencontre est d’autant plus regrettable que Jacques Osinski a plusieurs fois travaillé avec la MCA et que le public amiénois le connaît.

Souffle, souffle, vent d’hiver ; tu n’es pas si cruel que l’ingratitude de l’homme (c’est du Shakespeare !)

Billet du 28 avril 2008.

Tiger Lillies Circus à la MCA :

Quand vous voyez des affiches ou des photos des artistes, vous pensez à Jérôme Savary et son Magic Circus, mais vous pensez aussi aux héros d’Orange Mécanique de Stanley Kubrick.

Pour la forme c’est du Savary – des numéros de cirque, des lumières puissantes, des vidéos pour le fond c’est « Orange Mécanique », la violence des sujets abordés dans les chansons : killer, prostituées, viols, tortures, l’apologie de la violence (Fire : «  j’aime brûler toutes sortes de choses, mettre le feu c’est chouette !).

Ce spectacle –concert- cirque, avec trois musiciens et six artistes de cirque est un spectacle complètement déjanté, très anglais, très provocateur.

Des rythmes variés, des musiciens de qualité, des numéros de cirque : jonglage, contorsionniste, tissu aérien très professionnels.

A voir, âme sensible s’abstenir pour les textes très provocateurs.

Billet d’humeur du 10/04/2007.

Le mental de l'équipe -MCA - Bourdieu et Podalydès

suivez la tournée dans toute la France, en images

Photo de: Elisabeth CARECCHIO

avec l'aimable autorisation de la MCA

Photo de: Elisabeth CARECCHIO

avec l'aimable autorisation de la MCA

 

A l’affiche deux noms attirent l’attention du quinquagénaire que je suis : Bourdieu (pour Pierre Bourdieu et « les héritiers ») et Podalydès (pour la tradition théâtrale et la Comédie Française). A chacun ses réminiscences d’étudiants et ses pré-jugements sur le théâtre classique et les intellectuels.

En 2007, il s’agit d’Emmanuel Bourdieu et de Denis Podalydès, bien que fils de parents ++, comme le disait Pierre Bourdieu, ils ne jouent pas dans cette œuvre : un théâtre intellectuel, métaphysique, sociologique, classique- quoique !

La tentation première est d’évoquer un théâtre visuel, une espèce de commedia dell’ arte du XXI° siècle, un match de football, un spectacle populaire au sens le plus noble du terme : la culture d’un peuple, du peuple mais certainement pas de masse. En vérité, il faut écarter cette mini-thèse à la mode universitaire.

Le mental de l’équipe - c’est du foot, du mouvement, du sport, des cris, de la lumière, de la musique, des commentaires sportifs, de la sueur, des faiblesses humaines face à la peur, à la carrière, à la rage de vaincre, de se dépasser et puis – un sophrologue caricature des parasites des stades, un entraîneur raté, lâche, veule, une femme soumise au fric, ces femmes de « quelqu’un » mais qui ne sont rien, elle-même !

Pendant une heure trente, nous sommes happés par ces marchands de rêves, ces bateleurs assaisonnés à la sauce : média, fric, abrutissement des foules – ce système qui créé les hooligans, ces populistes de « A mort l’arbitre » de JP Mocky. Joies, détresses, bassesses mais une communion générale, y compris dans le public de ce soir où quelques supporters animés la salle de la MCA.

On ne peut tous les citer mais un Bonnaffé excellent, une mise en scène moderne et sans concession : une rigueur dans le monde de l’irrationnel et des comportements primaires.

Juste une faute de goût pour la MCA, il manquait de la bière et une pizza !!!.

Billet d’humeur de JPG du 22/02/2007.

Bons matchs et bonne tournée à toute l’équipe !

 

ARCHIVES EXPOSITIONS

 

REPERES

 à la Maison de la Culture jusqu'au 28 octobre 2007, des

oeuvres de : Etienne Bossut, Daniel Firman, Christian Robert-Tissot

 

ARCHIVES TELEVISION

Eve Ruggieri rend hommage à Luciano Pavarotti.

 Musiques au cœur est une émission qui rassure sur l’action que peut jouer le service public, dans le développement de la culture. Bien évidement, les horaires sont inacceptables = la culture c’est comme les films X, jamais avant minuit !!

 Hier soir, Eve Ruggieri a rendu hommage à Luciano Pavarotti à 23 heures.

 C’est un exercice tout particulièrement périlleux que de rendre hommage à un ténor : ce ne sont pas des stars, ils sont l’univers.

Elle a su rendre un hommage très sensible car emprunt d’anecdotes personnelles, sans tomber dans le people, rappelant le talent extraordinaire de ce chanteur sans tomber dans le dithyrambique, en un mot une professionnelle.  

Je réitère bien volontiers mon admiration à Eve Ruggieri et réitère aussi mon émoi ( on ne tire pas sur une ambulance) d’avoir eu à supporter Hondelatte !!!

Billet du 07/09/2007

Un « Trouvère » - OUI – un Christophe Hondelatte – NON !!

 Que France 2 diffuse en prime time le Trouvère de Verdi avec Roberto Alagna est une excellente nouvelle pour le devenir du service public.

Que le Président de la République vienne dire quelques mots pour encourager cette démarche artistique et exprime le souhait de voir développer ce type de manifestation pour rendre accessible à un large public, l’opéra est un point intéressant.

Que l’on nous montre que Roberto Alagna aime sa famille, aime chanter Luis Mariano, nous comprenons.

Par contre, que pour cette soirée initiatique le « Trouvère » soit retenu, c’était là un risque important même si 1,9 millions de spectateurs étaient présents devant leur télé – cette œuvre est un peu complexe voire compliquée, le metteur en scène avait les plus grandes difficultés à tenter d’expliciter le livret (on pouvait même se demander s’il avait fait la mise en scène).

Il aurait été plus sage de choisir une œuvre moins élitiste et faire une démarche pédagogique, au lieu de nous faire Alagna chante, Alagna nage, Alagna mange !!

A dire vrai, le problème, le point noir de cette soirée : Christophe Hondelatte.

Pour parodier Pagnol dans le Schpountz : « tu n’es pas un bon à rien, tu es un mauvais en tout ».

Je n’ai pas constaté, une compétence spécifique pour présenter ce genre d’émission, il est vrai que pendant la campagne électorale des présidentielles, il était courant d’entendre Sarko-Ségo  ou Nicolas ou Ségolène ; la campagne est finie. Nicolas Sarkozy est élu président de la République. Il ne serait pas choquant de l’appeler « Monsieur le Président » !! et lui épargner qu’il aurait été « traîné là » par sa femme. Léon Zitrone est mort : paix à son âme. Il ne faut pas tomber dans le travers de la « décontraction » !

Hondelatte était mauvais dans ses émissions « judiciaires », comme présentateur du 13 heures et donc là aussi.

Bravo au service public, merci de choisir une ou un autre présentateur.

 Billet d'humeur du 08/08/2007

Le Balmer c’est comme le Noiret : çà bonifie bien avec le temps !

 Jouer Sacha Guitry était une gageure – cet acteur dont l’égo n’avait de limite que ses bons mots.

Avant ce téléfilm sur France 3, je n’avais pas été traumatisé par l’arrestation de Sacha Guitry après la guerre. Certainement un racisme primaire qui me hantait : il avait la gueule de l’emploi.

Jean-François Balmer donne un côté très humain à ce Sacha Guitry.

Guitry n’était pas un héros, c’était un grand bourgeois aisé, issu d’une famille du théâtre et « j’ai fait comme je pouvais » lui fait-on dire dans le téléfilm.

Il explique simplement qu’il a continué à travailler comme le cordonnier, le charcutier même si les choses n’étaient pas faciles.

Ce téléfilm nous rappelle les moments difficiles d’une épuration faite dans la haine, sans respect des règles élémentaires de droit – un clin d’œil peut-être involontaire du réalisateur mais l’on voit beaucoup de gendarmes et de magistrats dans ce téléfilm – quelques mois avant, c’étaient parfois ces mêmes personnages qui arrêtaient, emprisonnaient, jugeaient des juifs, des communistes, des résistants !!

On dit que Balmer a été contacté tardivement et que le rôle était dévolu à Pierre Arditti – j’en ai froid dans le dos !

Balmer flic véreux dans Flic ou Voyou rediffusé quelques jours après, Balmer commissaire Rovère, alcoolique aux méthodes peu conformes à la déontologie policière et puis le théâtre dont il est issu, ayant comme camarades de classes messieurs Francis Huster, Jacques Weber, Jacques Villeret.

Son rôle de Mitterand face à Giscard(Weber), ses lectures de Baudelaire etc.

Balmer bonifie bien, à la manière d'un NOIRET.

De la part de Monsieur Guitry, nous vous disons MERCI Monsieur Balmer.

Billet d'humeur du 08/08/2007

Ce soir ou jamais France 3 - Frédéric Taddéi

Des nouvelles de cette émission, elle suit son chemin, comme dit Moati cette émission dont on nous dit que vous êtes de plus en plus nombreux à suivre.

Un hommage vibrant a été rendu par Pierre Lescure dans son émission "Ca balance à Paris" et c'est justifié - le service public de la télévision s'honore à diffuser ce type de programme, même s'il faut être un couche-tard. Bravo Frédéric!

Les Camarades de François LUCIANI, en trois épisodes sur 

France 2 :

François LUCIANI bénéficie d’une excellente image : IDHEC à 22 ans, licence de Lettres modernes, des œuvres sur la justice, la guerre d’Algérie.

Il faut parfois se méfier des images de marque! Six jeunes : 3 garçons, 3 filles au lendemain de la seconde guerre mondiale qui sont camarades, camarades du PCF, camarades de jeunesse.

En 90 minutes, on nous apprend que les rescapés des camps ne pouvaient évoquer leurs souvenirs, qu’ils étaient même rejetés, que l’antisémitisme n’était pas tout à fait mort, que des hommes d’affaires peu scrupuleux profitaient de cette période trouble pour se créer des empires sur le dos des victimes, que certaines femmes, sans le moindre procès étaient tondues, conspuées, que les communistes commençaient à oublier certains principes démocratiques.

En un mot, on en apprend des choses ! L’après guerre n’aurait pas été une partie de plaisir.

Les camarades pour la suite c’est sans moi !

Billet d’humeur de JPG du 31/01/2007

Vivement Dimanche! dimanche 17 décembre 2006 sur France 2, Emmanuelle Béart, invitée :

L’émission de Michel Drucker battait de l’aile depuis quelques mois, une nette impression de redite, de fin de saison avant l’heure. Emmanuelle Béart arrive : objectif principal présenter le film « Le Héros de la famille ». Le film, à voir plus tard. Une bonne émission de télévision : bien évidement Emmanuelle Béart irradiante de beauté, beauté physique, intellectuelle, morale. « Qu’il est difficile d’aimer » chantait son père, elle semble savoir aimer les autres, les déshérités. Emmanuelle Béart parle de son père d’une manière touchante, emprunte de tendresse, de respect, de lucidité ; elle avait invité ses amis : Berling, Igelin, Korcia, Baer, etc. changement radical, par rapport aux invités habituels qui viennent vendre leur soupe. Ici que des amis qui passaient comme on passe chez ses amis le dimanche après-midi.

Des gens rares à la télé, Michel si tu nous lis, continue sur cette lancée.

Il serait bon de montrer que la télévision du service public peut être une bonne télévision. De plus Michel Drucker semblait plus à l’aise pour présenter les invités, il semblait aimer faire son métier !

Billet d’humeur de JPG du 17/12/2006.

« Sartre, l'âge des passions » de Claude Goretta, téléfilm en deux épisodes, les 11 et 12 décembre 2006 sur France 2.

La vie de Sartre et Simone de Beauvoir, de 1958 à 1964.

Sartre est interprété par Denis Podalydès (bientôt à Amiens) et Simone de Beauvoir par l'actrice de théâtre Anne Alvaro, révélée au grand public par Bacri-Jaoui dans le « Goût des Autres ».

Clara et Frédéric deux étudiants, elle en lettres et lui élève favori de Raymond Aron. Ces deux étudiants servent de fil rouge au premier épisode: elle, fille d'un riche chirurgien italien qui aime l'art:( dans son appartement parisien un Giacometti, un Nicolas de Staël), se laisse séduire par Sartre voire par Castor. Frédéric veut participer activement à la décolonisation de l'Algérie, en aidant le FLN.

Au passage, nous croisons Jean-Jacques Servan Schreiber, Françoise Giroud.

Le risque avec ces personnages mythiques, c'est de tomber dans les clichés. Le réalisateur et surtout les deux acteurs principaux nous emmènent vraiment dans cette période trouble des « événements d'Algérie », de ce foisonnement intellectuel, de ces espoirs dans la politique, voire la lutte armée.

A la différence de Laurent Deutsch qui jouait un Sartre, potage – étudiant attardé et contestataire de pacotille, une espèce de Jean-Sol Partre (sauf que Vian aimait Jean-Paul Sartre); Denis Podalydès nous montre un Sartre à la fois très Intellectuel – dans une période où ses positions politiques, son sens d'analyser la vie politique, le gaullisme, les conséquences de la lutte armée. Admirable, de plus, sa ressemblance physique créait un choc, voire électrochoc très salvateur.

Anne Alvaro joue avec beaucoup de présence son rôle de Simone de Beauvoir, elle a bien compris et analysé que sur le plan physique, elle ne pouvait être un clone du Castor – mais par son jeu, sa présence – elle irradie totalement le rôle, on comprend mieux que « la femme est l'avenir de l'homme ». Elle rend très vraisemblable l'influence qu'elle a eu sur Sartre.

Le premier épisode est une grande réussite à demain pour la suite, si vous le voulez bien.

Billet d'humeur de JPG du 12/12/2006

Le numéro deux est un peu plus décevant, l'effet de surprise n'est plus là. Sarte et Castro, Sartre et les communistes, Sartre et son refus du prix Nobel. On s'habitue vite aux bonnes choses et on se trouve moins motivé. Les acteurs y sont toujours aussi excellents. Le téléfilm peut sauver la télé.

Billet d'humeur de JPG du 13/12/2006

Thierry Ardisson : « 93 Faubourg Saint Honoré » sur Paris-Première, « Salut les terriens » sur Canal + :

L’homme en noir (Thierry Ardisson) a le don de dérouter.

Certainement l’un des animateurs télé, le plus intelligent, le plus cultivé – et une vraie culture, pas une fiche sortie de Télérama, pour avoir l’air d’être cultivé – il aime à avoir son côté « homme blanc », très énervant – dans son émission de Canal+ de samedi dernier (invités : Jean d’Ormesson, Maïwenn etc.), il nous donne sa rubrique « je m’en bats les couil.. » . Des vieux relents de « lunettes noires ».

Plus grave, ces deux émissions sont bien décevantes : celle sur Paris-Première, un vrai dîner en ville avec les ragots parisiens même pas la drôlerie d’un « dîner de cons ».

Celle sur Canal+, il ne laisse pas parler ses invités, quelques mots sur le roman de Jean d’Ormesson, une bande-annonce du film de Maïwenn.On reste sur sa faim!

A quand un Ardisson style « Rive Droite Rive Gauche », comme il y a quelques années ? Bien désolant, le retour d’Ardisson à la télé !!

Billet d’humeur de JPG du 20/11/2006.

 

« La chasse à l’homme » téléfilm sur TFI le 09/11/2006 :

Les derniers mois de Mesrine (Serge Riaboukine) vus essentiellement par Lucien Aimé-Blanc (Richard Berry) patron de l’OCRB.

Le pari était risqué sur ce genre d’exercice : ne pas tomber devant l’admiration béate comme certains médias de l’époque qui voyaient une « icône » en Mesrine, celui qui avait dénoncé les QHS, ne pas être admiratif devant Broussard, le « cow-boy » du moment, ne pas tout axer sur la « guerre des polices ».

En fait, en optant pour la version de Lucien Aimé-Blanc, ce téléfilm était pertinent : démontrant que Mesrine était un truand comme les autres, pensant à l’argent, utilisant des méthodes de tueurs – il avait su communiquer avant l’heure et alors ! Broussard n’apparaît pas comme un flic machiavélique, il exécute les ordres et prend les moyens pour le faire, Mesrine avait toujours claironné partout qu’il serait armé et qu’il ferait usage de ses armes. Il y aura toujours des discussions, même si le débat judiciaire est clos, pour contester la méthode – il ne s’agit pas de faire l’apologie d’une police expéditive ! C’est en cela que le téléfilm est intéressant, Lucien Aimé-Blanc voulait à tout prix arrêter Mesrine, il aurait souhaité le faire à sa manière et dans des procédures judiciaires plus conventionnelles.

Les acteurs étaient excellents et en particulier Berry et Riaboukine, la mise en scène judicieuse car montrant à la fois l’action de terrain et les questionnements des policiers sur leurs missions.

TF1 a réussi à intéresser plus de 7,8 millions de spectateurs : c’est du vrai téléfilm, pas du docu-drama, pas du film au rabais, une vraie mission de télévision- TF1 devrait plus se consacrer à ce type de prestations et nous arrêter ces multiples séries sur les policiers, les gendarmettes. Bonne soirée de télé.

Billet d’humeur de JPG le 10/11/2006

 

Ce soir ou jamais :

Du lundi au jeudi sur France 3 vers 23 heures avant et après le journal du Soir 3 de Marie Drucker.

L'émission du jeudi 16 novembre 2006: Tous philosophes? Tous photographes? Il se reprend Frédéric! la philo, l'art, il nage comme un poisson dans un bon verre de Beaujolais nouveau - les points forts, la philo a remplancé la psycho - étaient présents des profs de lycée ou facs dont un qui fait un ciné-philo (Olivier Pourriol): expliquer la philo à l'aide d'extraits de films - pourquoi pas! La photo est considérée comme un art - le marché de l'art en tout état de cause y croit, les ventes explosent! Allez Frédéric, tu nous interesses!

L'émission du mercredi 15 novembre 2006: Natalie Dessay était là! elle est talentueuse, délicieuse, mais elle est partout, Natalie Dessay: en disque, en Dvd, sur France musique, il serait bon, sans jouer les divas, de ne pas devenir Natalie à la plage, à la campagne etc.. Un des thèmes: Où en est l'avant-garde? la réponse était, il n'y a plus d'avant-garde, plus rien ne choque, plus rien ne dérange donc l'avant-garde est morte! je résume, je compresse mais regain d'intérêt, car ce sont des sujets que Frédéric maîtrise bien, il est bien, nous sommes bien!! si vous avez l'occasion et le courage regardez Sevran un dimanche midi, ce fidèle de Mitterand devenu supporter de Sarko. Il explique sérieusement que les jeunes n'apprennent plus rien à l'école, qu'ils ne savent pas où est la Belgique, lui qui crétinise des jeunes dans une espèce de sous-star Académy!!! C'est triste de veillir, il a écrit de bien jolis livres avec une belle plume et tout cela sur le service public!!!

L'émission du mardi 07 novembre 2006: parmi les thèmes abordés: Nicolas Hulot: nouveau prophéte écolo? Ségolène Royal, dernière ligne droite? avec pour invités: Plantu le dessinateur, Jacques Testart le biologiste, Romain Bouteille le comédien, Sanseverino le chanteur, Michel Scheiner l'écrivain, Miguel Benasayad le philosophe-psychanaliste. Malgré cette brillante brochette d'invités (on sentait le vent venir depuis plusieurs émissions), nous étions au café du commerce!! aucun intérêt, c'est de l'actualité mais où est la Culture!!! navrant.

L'émission du lundi 06 novembre 2006: Couples: unis pour la vie, avec Charlotte Rampling, Antoine de Caunes etc.. Frédéric Taddéi semblait s'ennuyer et il nous a donc ennuyé - pas très à l'aise dans ses questions, on a zappé, attention Frédéric!!, je sens que je vais zapper de manière définitive.

L'émission du lundi 31 octobre 2006: Jean d'Ormesson, André Comte-Sponville, Nancy Houston (elles sont  drôles, les mamies du Fémina, elles se disputent comme les vieilles dames dans les hospices -elles sont pathétiques!) - un beau plateau, de la philosophie dans l'air, sur Dieu - Frédéric très à l'aise, des vieux souvenirs teintés de "Bernard Pivot" - bon niveau, tout à fait ce que l'on attend. Passage de Jacques Attali sur un autre thème: capricieux, soutenant qu'il s'ennuyait face aux banalités du débat - il nous a aussi fatigué, le beau Jacques!! bonne nuit!!

L'émission du lundi 30 octobre 2006: au programme, l'affaire Villemin, dans le prolongement du téléfilm. Taddéi ne maitrisait pas son sujet, les intervenants, très mal à l'aise, tenaient des propos lénifiants, car ils se savaient sous le regard des protagonistes de cette affaire- sauf l'enfant-mort dont personne n'a parlé!!  Frédéric, tu vas dans le mur!!!

L'émission du jeudi 26 octobre 2006: deux thèmes, l'explosion d'internet et des blogues: les invités Lorie et Sainclair -qu'ont-ils de commun et en commun: la toile d'internet- pas mal pour une émission qui veut voir l'actualité par le canal de la culture, d'inviter Lorie- Lorie a commencé à se faire connaître par internet puis les majors, Sainclair est parti de chez les majors pour maintenir son public sur internet. Deuxième thème: les comédies musicales en France: invités Louis Chedid, Jérôme Savary, assez peu d'intérêt: Savary (nous nous sommes tant aimés: le Grand Magic Circus, le bourgeois gentilhomme à la mode comédie musicale, les débuts à l'Opéra Comique) a pris un coup de vieux, une cuvée de 68 qui a pris le goût de bouchon - il vieillit mal.

Il se dit que l'émission ne décolle pas -Taddéi devrait penser qu'à 23h30, il faut plus de rythme, car les vieux de la cuvée de 68 comme nous, on a tendance à s'assoupir - Frédéric change de vitesse.. sinon on va aller se coucher!!

 

Ce soir ou jamais :

Du lundi au jeudi sur France 3 vers 23 heures avant et après le journal du Soir 3 de Marie Drucker.

Frédéric Taddéï journaliste, animateur de télévision et de radio a toujours été une espèce de « jetseteur intellectuel » : formaté à l’esprit Canal+, puis par son « Paris Dernière » produit par Thierry Ardisson.Il a l’intelligence et la culture d’Ardisson, le tout présenté dans un style plus Denisot qu’ « Ardissonien » même dans les méandres de Pigalle ou dans le monde du fétichisme qui le trouble, (il aimait nous le rappeler lors de sa nouvelle émission sur France 3, ce mardi 10 octobre 2006).Déjà avec « D’Art d’art », il nous montrait son esprit de synthèse, 1 minute 30 pour nous présenter et nous faire aimer une œuvre d’art : c’était un défi, c’est certainement dans cet esprit qu’il a accepté de présenter cette émission qui veut traiter l’actualité avec et par la Culture.Dans un studio au look branché, entre le bar à la mode et le studio ouvert à tous y compris aux maquilleuses, aux techniciens de plateau, aux invités en attente de passer devant la caméra, il réussit sa mission.

Ses atouts : ne pas inviter systématiquement les « récurrents de l’actualité permanente », ses interlocuteurs ne sont pas dans l’urgence de la promotion, donc moins consensuels, donc moins je répète mon « catéchisme médiatique insufflé par Saint Coach des Médias ».Sa culture – il connaît ses sujets, ses invités, il a une expérience du monde culturel, au sens le plus large : de la littérature, de la musique et même du Paris by night et ses marginaux.Aussi à l’aise pour interviewer un écrivain qu’une actrice du porno.

Le maillon faible de l’émission : l’heure de l’émission, je suis un peu fatigué de me coucher à minuit trente, puis une certaine précipitation : souvent avant le journal du soir l’émission se résume à une présentation du sommaire – et puis ces pubs, ce Keno et ces pubs et ces présentations du programme de France 3 etc. - il en faut du courage pour rester. Le choix de vouloir présenter plusieurs sujets est louable mais donne parfois un rythme trop haché. De bons préliminaires mais l’acte est très rapide, on arrive rarement à l’orgasme!!

En résumé : j’aime beaucoup, je me laisse même piéger tous les soirs à regarder mais je suis fatigué (voire crevé le matin) des horaires, de la pub etc. à regarder absolument pour une fois que la culture est à la télé.

Humeurs et coups de coeur de JPG

Affaire Villemin sur France 3 :

Confondant certainement la notion de « service public » et « service au public », France 3, diffuse en six épisodes, l’histoire de Grégory Villemin, cet enfant retrouvé mort le 16 octobre 1984 et dont l’affaire n’a jamais été élucidée.

Le « poids des maux » : épousant honteusement la thèse d’une « journaliste » d’Europe1 et des époux Villemin, on nous montre des policiers plus soucieux de la guerre des polices que du devenir du dossier, un juge d’instruction affligeant etc.

Pendant combien de temps, la Justice et les services qui sont intervenus en cette affaire vont-ils accepter, que la presse ou les téléfilms remplacent le rôle du Conseil Supérieur de la Magistrature et/ou du Parquet -si la Justice est rendue au nom du peuple français, elle ne doit jamais être rendue au nom du "populisme". La Justice doit reconnaître ses erreurs,quand elles existent, elle ne doit pas pour autant pratiquer l'auto-flagellation!!

La médiocrité est au rendez-vous – un conseil à France3, quand on veut faire ce type de téléfilm-documentaire, on demande à des Yves Boisset, des Serge Moati, Bertrand Tavernier, Costa Gravas - de prendre cela en main. Il est souhaitable de prendre aussi un avocat et/ou un magistrat, comme consultant: quelques perles pour les professionnels: un avocat parle de ses émoluments (quel état de frais!!) et de ses collègues du Parquet..nous ne sommes pas aux Etats-Unis!!

Juste un rappel historique, un enfant est mort, plus de vingt après personne ne se soucie de trouver la vérité mais on se complait dans un esprit manichéen de connaître, les bons, les méchants, les gentils : tous les participants ont été mauvais, odieux. UN ENFANT EST MORT !!! 

La cerise sur le gâteau,on préparerait un film sur l'affaire d'Outreau!!!

 

 

 

ARCHIVES DANSE

Mardi 24 octobre 2006 à 20h30 à la MCA : HELL : Emio GRECO et Pieter C. Scholten.

On vous a dit, vous avez lu : que « Hell » était la traduction d’Enfer. Que ce ballet est inspiré de l’Enfer de Dante et de la Cinquième Symphonie de Beethoven.Tout cela est vrai.

Je préfère vous dire :

Que ce spectacle c’est 8 danseurs-danseuses mais que sont parties intégrantes du spectacle : la musique, la lumière, la rythmique, la chorégraphie bien évidemment, la scénographie.

Des flashs, des humeurs :

Dès votre arrivée, dans la salle, une espèce de pré-spectacle, vous happe.

Dans un show digne des spectacles de Las Vegas, des boîtes de nuit les plus branchées de New-York, vous êtes pris – des lumières automatiques vous hypnotisent, les danseurs font un/le show – le ton est donné. Vous êtes déjà dans le monde des grands professionnels- si notre télévision voulait faire appel à ce type de prestations, au lieu de s’embourber dans des simulacres de danse, par des « danseurs » même pas dignes des bons vieux bals musette de nos campagnes.

Puis silence, lumière, le décor apparaît, le spectacle commence :

Les références musicales, littéraires peuvent être une lecture de ce spectacle mais vous êtes avant tout devant la quintessence de LA DANSE –que vous soyez lettré ou illettré, l’esthétisme vous pénètre, vous subjugue, vous touche, vous émeut, vous êtes sublimé quelque soit votre condition sociale, culturelle, ethnique, sexuelle, religieuse – vous touchez et vous êtes touché par l’UNIVERSEL. Vous êtes en transe émotionnelle et cela pendant une heure.

Certes on peut avoir une lecture savante, philosophique, érudite : de la musique, de la gestuelle, de l’utilisation de la lumière comme instrument à part entière du spectacle, qui nous donne parfois l’impression d’être sous une avalanche d’images subliminales qui captent nos neurones, de ce rythme millimétré de cette merveilleuse mécanique si bien huilée de ce spectacle mais c’est à postériori que cela vous revient en mémoire.

Le spectacle est composé d’une succession d’émotions: solitude, déchéance, lumières, ombres – cette cloche tibétaine, la Cinquième de Beethoven, ces musiques contemporaines, électro-acoustiques…

Nous sommes dans et en extase.

Billet d’humeur de JPG-30/10/2006

Archives THEATRE

L’affaire de la rue Lourcine, à la MCA :
  
Vendredi 26 Janvier, le grand théâtre est rempli de nombreux collégiens qui se mélangent au public traditionnel de la MCA. Ma voisine avec un beau tailleur regarde inquiète ses rangés remplies de scolaires !
Tout commence par un lever de rideau qui nous donne à voir Vingt six, une courte pièce de Courteline où deux clochards essaient de se souvenir d’une adresse à Paris. Cette saynète nous donne le ton de la soirée. On pense alors à Becket car l’absurde et le clownesque se côtoient !
 
Après cette mise en bouche, le rideau s’ouvre pour L’affaire de la rue Lourcine de Labiche et c’est un beau décor de vaudeville kitch à souhait qui apparaît !
Dans l’appartement second empire des Lenglumé, deux hommes en habit émergent du lit conjugal. La veille, ils ont copieusement arrosé leurs retrouvailles à la fête du lycée. Monsieur Lenglumé a caché sa sortie à sa femme et il découvre dans le journal qu’une femme vient d’être trouvée morte rue de Lourcine. On recherche les assassins. Dans le trouble des vapeurs d’alcool, le doute s’empare des deux hommes : « et si c’était nous ? »
 
C’est sûr, on est bien dans l’univers de Jérôme Deschamps et de Mâcha Makeieff. Après avoir, pendant des années, donné un corps, une voix et une langue aux « petites gens », ce sont des lointains ancêtres des Deschiens, des petits bourgeois du XIXème  qui sont sur scène : papier peint à fleurs, cageots, bruits de bouteilles, d’accordéon, jeux sur les gestes, portes battantes, coucou qui bat la mesure, chat qui miaule sous le canapé et dans un placard, tête de cerf accrochée au mur…
Cela reste du Labiche mais revisité - et c’est là l’intérêt ! - par Jérôme Deschamps qui joue avec les références : celle du vaudeville, de la bande dessinée mais aussi de son propre théâtre. Le texte est sans doute un frein à des jeux scéniques pleins de trouvailles que l’on a pu voir dans d’autres pièces du couple Deschamps-Makeieff, mais la rencontre de ces deux univers est une réussite !
 
Le public est ravi, ma voisine et les collégiens aussi. Si c’était ça le vrai théâtre populaire ?  
 
Contribution de M.M. du 29/01/2007 (merci pour cette contribution).

Fantômas revient de Gabor Rassov mise en scène : Pierre Pradinas. MCA le 01/12/2006

N’attendez rien de commun avec le Fantômas, version « James Bond » de Jean Marais et Louis de Funès. Jean Pradinas (un ancien picard) a opté pour une version théâtre-musical déjanté.

Dans cette pièce, il y a du Jacques Tati (Playtime), Jean Yanne (Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil), Jacques Martin (dans ses différentes émissions), du Jérôme Savary (pour les petites femmes sexy), du Grand Guignol (pour le sanguinolent). Un peu de Jean-Michel Ribes (Palace) aurait été un plus.

Fantômas veut détruire le monde et le repeupler de clones. En fait qu’importe l’histoire – des chansons, de la vidéo, des lumières violentes, des acteurs qui bougent bien – Bonne soirée – sans prétention mais bien agréable.

Billet d'humeur de JPG du 05/12/2006

La Marquise d’O, d’après Heinrich Von Kleist, adaptation et mise en scène Lukas Hemleb – MCA - mercredi 08 novembre 2006 :

Le texte : d’après une nouvelle voire un conte d’Heinrich Von Kleist. Eric Rohmer en avait fait un film sorti en 1976 et qui avait obtenu le Prix Spécial du Jury à Cannes la même année. Le synopsis : en 1799, en Italie, la marquise d’O, fille d’un commandant, jeune veuve éplorée est sauvée de la barbarie des troupes russes par un lieutenant-colonel, le comte F. qui, en fait, la viole, alors qu’elle est inconsciente. Elle voue une profonde reconnaissance à cet homme. Elle ressent des malaises de femme enceinte, elle est enceinte…

Voilà ce que nous raconte cette pièce : la honte d’une fille enceinte sans père pour son enfant, de son obstination à refuser d’admettre qu’elle a eu des relations sexuelles, son admiration pour son sauveur-violeur…

La qualité du texte de l’adaptation est de très haut niveau mais avant d’entrer au cœur de cette intrigue, il faut un peu de temps au spectateur.

« Un texte de théâtre est à voir. Un texte de théâtre est à écouter. Est-ce qu’un texte de théâtre est à lire ? » disait Francis Huster (ne soyez pas impatient, cette citation n’est pas anodine !!).

Il a grandement raison, en général, mais en l’espèce, il aurait peut-être tort. Il serait bon de lire le texte et surtout de savoir qui est Heinrich Von Kleist : un romantique allemand de la fin du XVIII° siècle, qui a écrit Le Prince de Hambourg, pièce fétiche du beau Gérard Philippe au festival d’Avignon en 1951, dirigé par Jean Vilar (quand je vous disais que la citation de Francis Huster était intéressante !! Francis Huster le clone de Gérard Philippe… à discuter un autre jour). Il est intéressant aussi de savoir qu’Heinrich Von Kleist, issu d’une famille de militaires a quitté l’armée en 1799 (date où se passe l’action décrite dans la pièce) et que le 21 novembre 1811, il tua sa compagne atteinte d’un cancer, puis retourna l’arme contre lui.

Jürgen Grimm (université de Münster) disait de cet auteur « il est bien plus grand et plus parfait que [Schiller]. On ne peut le ranger qu’à côté de Goethe, qui a peut-être pu l’inspirer, mais auquel il n’est jamais subordonné. Seul Shakespeare l’a enfanté ».

Kleist est qualifié de « vrai poète tragique de l’Allemagne ».

Lukas Hemleb, qui a fait la mise en scène et la lumière, rappelle que dans la Marquise d’O, les grandes questions du bonheur, de la mort etc. sont traitées avec «  une espièglerie qui ne manque pas d’humour ».

C’est peut-être ce qui déconcerte le spectateur. Des situations dramatiques : la guerre, les exactions de la guerre, l’amour, l’admiration, les lourdeurs de la société, de la famille et puis des situations ou des répliques qui ne feraient pas désordre dans une pièce d’Eugène Ionesco. Ne disait-il pas (beaucoup de citations aujourd’hui !!) « Je n’ai jamais compris, pour ma part, la différence que l’on fait entre comique et tragique. Le comique étant l’intuition de l’absurde, il me semble plus désespérant que le tragique. Le comique n’offre pas d’issue ».

Kleist, Rohmer, Hemleb, Huster, Ionesco, Shakespeare, Goethe, Grimm –stop!

Plus simplement: cinq acteurs nous content leurs propres personnages, au milieu d’un décor astucieux (boîte à malice, écran de cinéma), sous une lumière qui ponctue bien l’ambiance de l’œuvre.

Qu’apporte la musique ? Parfois couvrir la voix des acteurs, parfois souligner un passage dramatique ; malgré l’immense talent de Stephanos Thomopoulos, était-il nécessaire de jouer du Beethoven ? et si le metteur en scène avait pris le parti de faire jouer une musique un peu plus « décalée » !!

Bon spectacle mais n’oubliez pas votre fiche pédagogique avant d’y aller.

Billet d’humeur de JPG du 09/11/2006.

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Au théâtre ce soir…ou Merci à la Com de Pic.

On s’y croyait : le public « mamie plamplan », le texte avec quelques bons mots mais sans intérêt, jonché de blagues lourdes et de quelques effets de comique de répétition, bref il ne manquait que Donald Cardwell et Roger Hart… On remercie Daniel Pennac pour sa prestation d’acteur mais pas pour son texte. On est déçu de ne pas avoir croisé M. Mallausène !

Billet d'humeur de FG du 02 novembre 2006,

 

De Jackie Lee BOUVIER à Jackie KENNEDY-ONASSIS- MCA-

Ma Jackie : elle fut l’image de l’Amérique démocrate – cette femme admirée du monde entier, séduisant les peuples et leurs dirigeants. Certainement cette allure altière acquise par sa maitrise de l’équitation, son goût pour la mode, la « première dame des Etats-Unis », peut-être la seule pour nous français.

Il y a presque 50 ans, Jackie avec son mari, donnaient l’image du couple idéal, moderne – oui il y avait Maryline etc. mais pour nous français, un chef d’état qui a une maitresse actrice est-ce un scandale ? et Maryline nous la connaissions, notre acteur franco-italien MONTAND n’avait-il pas été son amant sous l’œil bienveillant de la Simone !! Il y avait aussi le Vietnam qui nous contrariait mais nous étions mal placés pour en parler !

Jackie c’est aussi cette femme qui a été le témoin direct de l’assassinat de son mari Jack le 22 novembre 1963 à Dallas. Cette femme qui tente de protéger son mari et qui est extirpée de la voiture présidentielle par les services de sécurité, lors de l’attentat.

Cette femme qui dans une grande dignité conduit les funérailles de son mari.

A ces images voire ces icones se substituent celles de la « veuve joyeuse » - celle qui épouse un riche armateur, celle qui fait mourir Maria Callas de chagrin – celle qui fait la une des journaux à scandales.

La Jackie d’Elfriede Jelinek : cette autrichienne n’a pas été influencée par les magazines de mode, elle voit à travers Jackie, l’image d’une femme cynique qui a totalement construit son image – celle qui a inventé tous les stratagèmes des « coachs de la communication ». Ses vêtements, son mode de vie, son image, tout est marketing chez sa Jackie. Son approche du sexe, du corps, de son corps meurtri par les fausses couches, la drogue, les MST de son mari sont exposés crument dans ce magnifique texte. Nous sommes loin de l’image lisse, douce, féminine véhiculée par les photos officielles de la Maison Blanche. Sa Jackie a plus un langage de charretier que celui d’une belle cavalière. Elfriede Jelinek nous décrit certainement la vraie Jackie. Celle qui a connu l’assassinat de son mari et qui a vu des bouts de cervelle dégouliner sur la capote d’une voiture, celle qui a eu ses entrailles souillées par des lambeaux de fœtus. Celle qui a du se créer une image, s’imposer, éliminer ses rivales, se surexposer.

La Jackie de Marcel Bozonnet : tout sert le texte – ce décor de fleurs qui nous emmène successivement au paradis où Jackie est peut-être aujourd’hui, ou dans ce cimetière où elle cherche ses morts. Ces miroirs qui sont lumineux, éclatants ou ternes – ces jeux de lumières qui jouent avec les multiples facettes de sa personnalité, de sa vie, de sa mort, de son cancer, de sa folie sous-jacente.

Ce savant mélange de l’usage du son, de la musique donne une grande force au texte – comme d’habitude chez Marcel Bozonnet du grand talent voire plus simplement du TALENT.

La Jackie de Judith HENRY : la tâche est difficile : faire la synthèse d’un texte difficile, d’une mise en scène précise et de lutter contre les images « apportées » par le public sur Jackie. Public limité dans cette salle de spectacle. Il s’agit quasiment d’un tête à tête.

Judith HENRY : la Jackie des démons, du maquillage fondu, de l’anti-star ; l’actrice assume, assure et donne à cet exercice difficile un beau relief. Elle réussit une performance non pas d’actrice mais d’interprète et cela devient rare.

L’exercice est d’autant plus difficile qu’elle est seule en scène. Bravo.

Billet d’humeur de JPG du 24 octobre 2006.

Parfums d’ambiance et vagabondages sur : Le Tartuffe ou l’Imposteur.

La Comédie Française, Marcel Bozonnet; la MCA ne prenait pas de risques sur une telle programmation.Sinon celui de nous séduire.

Un « esprit de troupe » s’insuffle dans la salle de spectacles, dès l’arrivée du public.Ce rideau gris qui nous masque la scène, nous imaginons les tréteaux des troupes du XVII siècle, un brigadier qui traîne négligemment au côté cour : Molière est là avec ses saltimbanques. N’attendez pas une nostalgie omniprésente qui imprègne notre début de siècle, les bobos ne sont pas là (ils se reposent pour se montrer dans cette soirée, si amiénoise-parisienne, de la Nuit Blanche, du lendemain): des scolaires et des seniors se côtoient et cohabitent en cette grande salle.Marcel Bozonnet a su allier la tradition de cette troupe mythique et la  modernité inhérente aux grands textes classiques.

Tradition des troupes : Madame Pernelle est interprétée par un homme, à la manière des troupes de théâtre ambulantes dont la capitaine Fracasse était le héros, mais aussi à la manière de Vilar qui faisait jouer des empereurs romains quinquagénaires par de jeunes acteurs de 25 ans, au temps du T.N.P. : toute la troupe doit jouer. C’est tout simplement l’esprit de la Comédie Française, faudrait-il dire c’était l’esprit de la Comédie Française ?Orgon est interprété par un acteur black- Bakary Sangaré- : l’idée est certainement louable mais l’acteur est totalement inaudible, alors comment peut-il y avoir un Tartuffe sans Orgon ? Orgon isolé de sa famille, dépouillé de ses biens, enfermé en sa ferveur chrétienne est indispensable. Pas de bourreau sans victime, pas de gourou sans disciple.

Tartuffe irradie cependant : Eric Génovèse à un physique, une voix, une présence qui donnent toute l’étoffe indispensable à celui qui incarne le plus grand Imposteur, le père de tous les gourous modernes qui, sous couvert de science, de génétique, de la maîtrise des médias et de leurs forces à trouver les détresses du moment, sont en mesure de gangrener nos sociétés.La sobriété de son jeu est incontestablement une manière de briller au sein de la troupe, une justesse de ton, une voix qui porte mais en aucun cas, il ne sur joue (finie la génération des Robert Hirch). La mise en scène de Marcel Bozonnet est intéressante car on ne la voit pas, aucun effet pour être ostentatoire – la sobriété des grands -

Dorine la raison du peuple: encore la tradition, Véronique Vella a l'impertinence des servantes de Molière – très vite, elle occupe la scène, son énergie, son jeu s'imposent – elle donne le rythme, la cadence, sa présence scénique est remarquable.

Elmire la fatale: Clotilde de Bayser nous fait assister à une scène de séduction bien agréable, vêtue de costumes dignes des défilés de haute couture (cette maison de Molière sait tout faire: costumes, décors, lumières sont d'une qualité exceptionnelle), elle illumine la scène,

Marcel Bozonnet dans tout cela: un grand chef de troupe même si certains voire certaine pensent le contraire. Il a par son spectacle rappelé aux seniors les grandes heures de la Maison de la Culture et aux lycéens appris que Molière et la langue du XVII pouvaient encore nous émouvoir, nous faire rire, sourire – en un mot le THEATRE vous dis-je!!!

ARCHIVES ACTUALITES

Les cirques:

Le cirque traditionnel avec le Cirque Arlette Gruss, le cirque moderne avec "les Arts Sauts" ont cohabité à Amiens:

     Le cirque Gruss                             Les Arts Sauts             

Photos du spectacle des "Arts Sauts" (19/11/2006)

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Nuit Blanche:

Inspirée directement de Paris, la nuit blanche veut "éclairer" la ville d'Amiens de toutes les cultures. Quelques photos d'ambiance de cette "nuit blanche" 2006:

cliquez sur les photos pour les agrandir.